Pour ne pas être dribblé, un logeur accompagne son locataire à la MUCODEC touché son salaire




Les congolais ont assisté avec grande tristesse sur les réseaux sociaux, des scènes des travailleurs prenant d’assaut une agence de la banque Mucodec à Brazzaville, le vendredi 16 novembre dernier. Ces travailleurs, déjà épinglés par 45 jours sans paie, ne voulaient en aucun cas attendre le lundi pour être en possession de leur dû. Parmi eux, l’un s’est fait accompagner par son logeur, impatient de toucher son loyer et ne pas être dribblé par son locataire.

Même ceux qui à longueur de journée criaient que « Sassou travaille » ont commencé à réaliser leur naïveté, et se rangent du côté de la majorité qui pense le contraire. Il a fallu juste pour cela, qu’ils subissent des retards de salaire allant parfois à 45 jours. Le congolais oublie vite et le pouvoir s’en rend compte depuis que la rupture frappe le pays, plus personne ne croit en eux.




Après la fin de la mission du FMI à Brazzaville, le gouvernement a décidé qu’il était temps de virer la paie des fonctionnaires du mois d’octobre le vendredi 16 novembre dernier. Les travailleurs ont tous convergé vers les établissements bancaire dans l’espoir d’être servi et ne pas attendre le lundi.

Peu sont ceux qui pouvaient supporter deux jours de plus sans argent. Les conditions de vie quotidienne devenant de plus en plus difficiles.

Monsieur Gokana Henri, qui a pour locataire un fonctionnaire a mis de côté la confiance, et a préféré l’accompagner lui-même à la MUCODEC, pour se faire payer aussi par son locataire au lieu d’écouter des explications.

C’est vers 5h du matin que le logeur Henri Gokana et son locataire ont quitté Talangai ( Keba na virage) pour rejoindre le centre ville de Brazzaville. Très chaud, le logeur a encouragé son locataire d’être parmi les premiers à pénétrer dans la banque à l’ouverture.

Quand les portes de l’agence MUCODEC du centre ville se sont ouvertes, Henri Gokana s’est même bagarré pour créer un passage à son locataire afin qu’il rentre. « Eza locataire na nga, na boyi ba explications mpe ko zela tè lundi. To ko silana nga na ye kaka awa… » s’est-il défendu auprès d’une connaissance.




C’est un peu avant 10 heures, que le locataire est sorti de la banque, visage serré sachant que son bailleur l’attendait dehors. De son maigre salaire, il lui a remis les 35000 fcfa de loyer, et les deux ont repris un même taxi pour la maison. Pour le bailleur, il n’était pas question que son locataire ne prenne un autre chemin. Il lui a exigé d’aller d’abord remettre l’argent de la popote à son épouse, dans un contexte où le bailleur se disait fatigué de les venir en aide dans l’alimentation. «  Sassou soki azo koka lisusu té a tika bokonzi » était le refrain des fonctionnaires.

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